Caminant ,  balada en terrà d'òc

Exposition photo et poésie occitane

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  » Au-delà de l'image
     par Jean-Frédéric Brun

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  René Nelli (1906-1982) est né à Carcassonne. Professeur de lettres et de philosophie à la faculté des lettres de Toulouse, il a laissé une oeuvre abondante, composée, pour l'essentiel, de poésies vouées à la défense de la civilisation d'oc. René Nelli fut président de la Société d'études occitanes, directeur des annales de l'IEO, rédacteur en chef de la revue OC... Il a également lancé les études sur le catharisme et ouvert des pistes sur les troubadours. Ami de Joë Bousquet, il fut un proche des surréalistes.

En savoir plus sur René Nelli

Photo © Georges Souche :
Un frêne au lever du jour, Hérault.

René Nelli : Sobte lo mur...   /    Photo Georges Souche

crépuscule, sur un poème de René Nelli
Occitan                                                                            --> Traduction française

Sobte lo mur atuda sa passida lutz.
Sus l’ostal de las tres cigalas lentament
alateja lo cèl per escalar lo vèspre.

Los arbres del casal coma de cavals tendres
de còps bufan dins l’ombra e m’embargan d’ausir
las paraulas ja proferidas jos lo lume.

Res non brisa’l compés e lo temps se’n va sol
lo mai bèl dels azards los pintant l’un per l’autre
pòdon pas s’enaurar aquelis personatges.

Ni los cavals dels vent ni lo cèl-astoret
Ni la bèla que plora e m’espèra pas mai
Ni l’estela que m’ablasiga de pietat

Soudain le mur éteint sa lumière fanée.
Sur la maison aux trois cigales le ciel bat
des ailes lentement pour monter jusqu’au soir.

Les arbres du jardin comme des chevaux tendres
soufflent parfois dans l’ombre et m’empêchent d’entendre
les paroles déjà prononcées sous la lampe.

Rien ne rompt l’équilibre et le temps s’en va seul
le plus beau des hasards les prenant l’un pour l’autre
ces personnages-ci ne peuvent s’envoler.

Ni les chevaux du vent ni le ciel-épervier
Ni la belle qui pleure et ne sait plus m’attendre
Ni l’étoile qui me ravage de pitié.