> Retour à la rubrique
Lenga d'òc
Février 2008 :
Le site officiel de Max Rouquette est en ligne : : max-rouquette.org
Photo © Michel Descossy
Le site officiel de Max Rouquette est en ligne : Visitez max-rouquette.org
" Quel lecteur français moyen connaît le nom de Max Rouquette et sait qu'il a construit l'une des œuvres les plus accomplies de la littérature hexagonale du XXe siècle ?
Il avait, certes, l'immense tort d'avoir écrit en occitan. "Raphaël Confiant (Le Monde)
photo © Georges Souche
Depuis le début des années 1930 et jusqu'à sa mort en juin 2005, l'œuvre de Max Rouquette s'est construite sans bruit, sans éclats de voix, loin des vaines agitations médiatiques. Patiente, mesurée, "tendue dans sa recherche opiniâtre de ces moments privilégiés où le contact s'accomplit entre le langage et la présence charnelle du monde".
Une œuvre à la portée universelle qui, parce qu'écrite en occitan, n'a eu une reconnaissance que tardive avec les premières traductions françaises des années 80 ; mais qui reste encore, pour l'essentiel, largement méconnue.
" Max Rouquette est né en 1908 à Argelliers, près de Montpellier, dans un paysage inoubliable et jamais oublié de bois de chênes verts sombres, de garrigues colorées, de vignes tendrement odorantes et de figuiers bibliques. Ce paysage est la clé de son écriture. Parce que c'est en ce lieu, et en ce lieu seulement, que s'est effectuée la fusion des mots et du monde.
Max Rouquette a écrit en occitan, comme quelques autres poètes singuliers de ce siècle... Cela n'a au bout du compte aucune importance. Sinon peut-être que cette langue souterraine, d'abord goûtée aux lèvres de la première enfance pour dire les choses essentielles de la vie, puis patiemment domptée et métissée aux rencontres successives de l'âge d'homme, s'est érigée, à travers sa difficulté d'être, en matière privilégiée de l'écriture.
Tous les textes de Max Rouquette résonnent de cette origine féconde. Ils en tirent probablement leur sève unique, et cette faculté d'éblouissement, tissée de beautés et d'angoisses, qui nous les rend communicables et si précieux. " (Philippe Gardy)
Depuis ses origines et les premiers textes publiés, l'œuvre de Max Rouquette n'a jamais cessé de tresser thèmes et images dans un jeu complexe de formes diverses : prose, théâtre, poésie...
L'œuvre en prose, outre plusieurs plusieurs romans, est constituée d'abord de ce que l'on peut considérer comme son œuvre maîtresse : les cinq volumes publiés sous le titre général de Verd Paradís. Des proses inclassables, ni tout à fait récits, ni vraiment nouvelles, moins encore descriptions. C'est la version française du premier de ces volumes, (publiée en 1981, puis en 1995 aux Éditions de Paris), qui le révèlera à un plus large public.
De son œuvre théâtrale (en partie encore inédite), on a commencé récemment à reconnaître l'importance. Au moins pour certaines pièces : "Le glossaire" a été joué à la Comédie Française, et sa Médée, mise en scène par Jean-Louis Martinelli, a fait en 2003 et 2004 une tournée triomphale.
Son œuvre poétique enfin, source jamais tarie, nous a entraînés depuis son premier recueil (Los Sòmis dau matin - Les songes du matin, 1937), dans un univers de mots et de figures symboliques particulièrement fascinant, qui a révélé toute sa profondeur avec Le Tourment de la licorne.
Il faut également ajouter à cette somme déjà considérable (et en partie inédite) :
- plusieurs ouvrages en collaboration avec des photographes (Harold Champan, Georges Souche,
Charles Camberoque, Bernard Plossu)
- des essais, des traductions, des critiques parues en revue, sans oublier les dessins publiés dans un ouvrage paru en 2001.