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Max Rouquette
Jean-Frédéric Brun est né en 1956 à Montpellier. Médecin hospitalier et chercheur, fasciné dès l'adolescence par
les possibilités d’expression de la langue d’oc, il ne cessera par la
suite d'en rechercher les résonances inexplorées, aux confins de l'onirique. Il a publié dans cette langue plusieurs romans
(Lo retrach dau dieu Negre, Setembralas, Lo temps clar de las encantadas) ainsi qu'un recueil de poèmes, Estius e Secaresas, qui reçut
dès sa parution en 1979 un accueil enthousiaste, notamment de la part de Max Rouquette et de
Bernard Manciet. Ce dernier lui écrivait en 1979 :
« Tout y est, facture, aisance, éclat, brouillage et amour. (...) Cette lecture suscite en moi, je vous l'avoue, quelque jalousie subtile (...) vous voilà l'un des princes de nos jeunes poètes.»
Collaborateur à la revue Oc depuis 1974, Jean-Frédéric Brun a également développé un site internet très documenté, sur la langue et la littérature occitane. Il est aussi depuis 2005 le président de l'association Amistats Max Rouquette, dont l'objectif est de perpétuer et faire mieux connaître l'œuvre du grand écrivain, dont il fut extrêmement proche.
Malgré sa reconnaissance auprès des critiques et des écrivains occitans, son œuvre, dont une partie est encore inédite, reste méconnue, en raison de son écriture exigeante et subtile, qui demande au lecteur une bonne maîtrise de la langue d'oc afin d'en saisir les nuances. Probablement aussi parce que ses œuvres publiées l'ont été en occitan, sans traduction française. Et qu'il ne consent à se traduire qu'à contrecœur quand le contexte le lui impose. Non pas par élitisme délibéré, mais parce qu'il estime l'exercice de la traduction en français trop hasardeux voire impossible sans trahir exagérément le texte original. Il s'en explique ici dans un texte de 2005 consacré à Max Rouquette :
« Il ne faut pas se faire d'illusions sur la difficulté que représente la traduction en français d'œuvres modernes écrites en oc. Deux langues très proches, initialement sœurs, mais véhiculant des espaces de pensée bien distincts. Qui écrit en oc au sein d'une société devenue depuis un quart de siècle farouchement francophone unilingue a choisi d'évoluer dans un autre territoire, distancié de l'espace de pensée et de sensibilité ambiant. Et ce qu'il s'efforce de dire en oc, c'est justement ce dont il sent bien qu'il ne pourrait pas l'exprimer en français. Les sensations, les émotions, le rythme de la pensée, la respiration de la phrase, tout cela est bien différent. Et l'écrivain d'oc du XXe siècle et plus encore du XXIe siècle s'inscrit passionnément dans la quête de cet ailleurs qui est en fait l'ici le plus authentique, l'ici reconquis idéalement. Revenir à la norme imposée, au prêt à penser allochtone ambiant, est en fait une acrobatie redoutable. La plupart des auteurs s'en sont mal tirés. L'exemple le plus catastrophique est Frédéric Mistral, dont la traduction française est aussi nulle que l'original provençal est sublime. Certes, les traductions de Max Rouquette faites par lui-même sont plutôt bien réussies, et l'ont fait connaître à un vaste public. Cependant, un contresens total guette le lecteur qui s'imaginerait trouver un écrivain français parmi tant d'autres, ayant seulement eu la curieuse coquetterie de passer par un jargon buissonnier inusité pour construire un texte littéraire en langue française. L'œuvre de Max, insistons-y encore, est tout autre chose, c'est le fruit d'une d'une vie entière d'engagement passionné dans la reconquête d'une langue littéraire pleinement occitane.»
Sur ce site :
- Un extrait de la suite Lo reposc de las oras (paru dans
le recueil Legendari de las despartidas, 2009, éditions Jorn).
- Palunalha, poème extrait du livre et de l'exposition Caminant.
- Au-delà de l'image, avant-propos de Caminant.
- Un extrait d'un hommage à Max Rouquette.
De nombreux extraits de son œuvre sont en ligne sur son site personnel, dont certains en version intégrale. Il ne faut pas hésiter à prendre le temps de fouiller dans cette caverne d'Ali Baba.