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Lenga d'oc : Auteurs occitans

Jean-Paul Creissac

Jean-Paul Creissac Jean-Paul Creissac est né à Montpellier en 1955. L'occitan est pour lui une langue de famille, qu'il a entendue depuis toujours, notamment dans le village de Montpeyroux, au pied du Larzac, où il exerce aujourd'hui le métier de vigneron. Cet enracinement familial, des études de lettres et une longue activité d'animateur socio-culturel ont décidé de sa vocation d'occitaniste et infléchi son écriture, poétique pour l'essentiel, dans le sens du dépouillement et de la simplicité.

Ses œuvres, proses ou poèmes, ont paru dans la revue OC à laquelle il collabore depuis 1979. Son recueil Correspondéncia (Fédérop-Jorn, 1988, prix Jaufré Rudel 1989) rassemble quelque quatre-vingts poèmes brefs, soigneusement calibrés (dix vers répartis en cinq distiques), comme on taille la vigne, pour que s'y inscrivent des scènes de vie quotidienne et de voyage saisies sur le vif et rendues au présent, telles des notations de carnet de bord. L'absence de tout effet témoigne de la quête têtue d'une parole authentique débarrassée du procédé et de l'artifice. Le poète porte sur le monde des yeux d'enfant prompt à s'émerveiller. Il choisit des détails banals qui deviennent des événements considérables, au détour d'un vers, par la grâce d'une langue pétrie de simplicité et fluide comme le vent, dont elle parle d'ailleurs souvent.

Il est des poètes flamboyants et torrentueux, dont les vers se déploient en flots de lave ou en fresques ouvragées. Il en est d'autre dont la parole suit la courbe d'une asymptote vers le silence et qui préfèrent ne rien dire ou dire presque rien plutôt que feindre quoi que ce soit. Jean-Paul Creissac est de ces derniers. La litote est la seule figure de style qu'il se permette. Ce qu'il recherche, c'est la double rencontre d'une terre aimée et d'un regard ami. La nature, l'amitié, l'amour, sont omniprésents dans ses poèmes, sans jamais d'ostentation. Le soir qui tombe sur la vigne, un regard croisé, un verre partagé suffisent à dessiner tout un univers, mieux que tout paysage artistement et longuement décrit. Au lecteur à faire ensuite résonner ces brefs motifs, à en prolonger l'écho en lui, comme on reconstitue une mélodie à partir de trois notes ou comme on écoute une musique longtemps après qu'elle s'est tue.

Cette retenue d'expression, cette exigence discrète, tellement éloignées des goûts de notre temps, expliquent sans doute que ce poète ait peu publié ailleurs qu'en revue. Il faut signaler qu'il dirige également les éditions Jorn, avec la même abnégation sans tapage.

Texte de Jean-Claude Forêt

Sur ce site :
    Correspondéncia d'un jorn d'octòbre (extrait).

Bibliographie poétique

Recueils

Ouvrages collectifs

  • Imatge e ombras, Mont Peiros in Erau, escrivans escriveires en libertat (1992, IEO Erau)
  • Un estiu (dans Enfança, 1996, Lycée de la Camargue)
  • Variacions de negre e de blanc (dans Colors, 1997, Lycée de la Camargue)
  • Siás aquí sens còs (dans Caminant, éditions Cardabelle, 2002)

Publications en revue

  • Revue Jorn, de 1980 à 1986
  • La Talvera, 1979
  • Revue OC, de 1978 à 2004